Archives de Tag: Perrault

La violence sexuelle dans les Contes de fées

Belle au bois dormant

Les Contes de fées sont comme autant de manuels de la Vie pour les enfants, du moins est-ce l’image que l’on s’en donne volontiers, image que nous avions déjà fortement nuancée dans notre conférence sur les Contes. Cependant, le cas de la sexualité, aussi bien dans le rapport au sexe que les mœurs liées au sexe, renforce le rôle conservateur des contes, malgré de nombreux psychanalystes qui s’évertuent à les voir pour ce qu’ils ne sont pas : une littérature émancipatrice. Les contes ne sont pas émancipateurs, au contraire ; ils s’inscrivent dans la préservation de certaines mœurs, de certaines conventions sociales. Leurs représentations du sexe en témoignent, et sont double, car les contes procèdent soit par allégorie, soit les abordent concrètement, sans pour autant s’épancher sur l’acte lui-même. Ces deux représentations posent un dualisme inhérent à cette question, car la morale afférente à chacune d’entre elles est différente selon qu’il s’agisse d’une représentation allégorique ou non. Dans ce premier cas de figure, le Petit Chaperon Rouge demeure le meilleur exemple, car l’allégorie repose sur le personnage du Grand Méchant Loup et la tentation de l’héroïne de s’écarter du bon chemin, au sens de via recta, pour s’égarer. La représentation allégorique sert donc une morale préventive, l’allégorie du loup et du chemin traversant les bois agissant comme une mise en garde. À l’inverse, les représentations concrètes du sexe servent une tout autre morale ; celle de l’acceptation du patriarcat dans ce qu’il a de plus phallocratique. Le génie des Contes résidant en ce qu’il s’adresse justement aux enfants, leur message peut ainsi se graver dès le plus jeune âge dans les esprits afin qu’une fois adultes ils considèrent définitivement leur morale comme fait naturel et naturellement accepté par tous. Ainsi, la question de la violence sexuelle dans les Contes de fées est perverse, car elle consacre la soumission totale et inconditionnelle des femmes telle qu’on peut la voir théorisée par Platon dans sa République. Lire la suite

Publicités