Archives de Tag: horreur

Conférence : Vampyres contre Modernité

Conférence IV (3)

La figure du Vampyre est bien connue de tous, ne serait-ce que par l’interprétation qu’en fit Bela Lugosi qui immortalisa la représentation d’un mort-vivant aux cheveux gominés et au goût vestimentaire baroque, ou encore du fameux Nosferatu de Murnau, qui consacra la fatalité de la lumière pour cette créature. Toutefois, malgré les idées reçues que nourrirent les nombreux films en la matière, le Vampyre est en réalité une figure aussi complexe que moderne, bien qu’âgée de plusieurs siècles ! Sans cesse poursuivi par une volonté de le renouveler, les diverses actualisations que le célèbre mort-vivant subit n’entraînèrent pas que des effets positifs. Comme le disait Marigny en 2003 : « L’inconvénient d’un tel procédé est que l’on risque de sombrer très vite dans le stéréotype. Le vampyre étant par excellence un personnage enfermé dans une codification très précise… ». Aujourd’hui, les dernières productions en date continuent de souffrir d’une vision étriquée, sinon consumériste. Finalement, la grande question que l’on se pose en comparant les œuvres du XIXe et du XXe siècle, c’est de se demander comme nous avons pu passer du monstre décrit dans Dracula à une espèce de boule disco’ engendrée par Twilight.

C’est en voulant répondre à cette interrogation que Fabrizio Tribuzio-Bugatti, président fondateur de l’association Apocryphos, et Jonathan Frickert, écrivain, analyseront les diverses évolutions et mutation de ce vampyre mal-aimé et maltraité. Lire la suite

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Le Diable est un bluesman.

Amateurs de littérature new-look aux délires bien trempés, je vous présente le Saint-Graal.

Moi & ce Diable de blues figure le roman infernal coup de cœur, plutôt coup de pieu dans l’aorte (pour peu que l’on concède le qualificatif de roman) dégluti par un tandem qui risque de faire parler de lui crescendo. Et d’ailleurs les critiques piquées d’euphorie fusent déjà depuis quelque mois sur la toile. Au risque de passer pour le dernier des béotiens, – quoi que je n’en ai cure, je vais y aller franco : la plupart des têtes d’affiche du thriller peuvent se rhabiller, ici, point de dénouements qui soulagent l’esprit, pas plus que de tissus cousus dans la demi-mesure. Sentimentalisme ? Introuvable entre les pages, on repassera donc pour l’eau de rose, voire ne serait-ce qu’une rosée d’amourette, que dalle, c’est pour les fiottes qui ont le timbre suave et fleur bleue, ça. Les investigations façon Grangé sont tout juste bonnes à foutre à la broyeuse après une pareille claque, car même si elles ont le mérite d’être imprégné d’un mal certain, pour ne pas dire d’un certain mal (oh, la bonne intention !) et d’une angoisse omniprésente, ce livre-ci les devance, (dans l’baba les écrivaillons !)  portant le nom du Malin jazzy à coup d’blues en chair et en magma pour preuve significative, (et dont on notera le superbe et ô combien élégant clin d’oeil) et, cerise sur le space cake, nous renvoie directement les chatoiements du Pandémonium sur les rétines grâce à sa couverture sulfureuse. Richard Tabbi et Ludovic Lavaissière, – quoi que les gaillards n’en soient pas à leur premier coup d’essai littéraire, sont directement passés d’inconnus à maîtres en matière de dingueries romanesques/policières saupoudrées de surréalisme. (Ils gagnent à se faire connaître, les bougres !) Lire la suite


La mort d’Ilalotha

Clark Ashton Smith en 1912

Clark Ashton Smith en 1912

La mort d’Ilalotha, paru en automne 1937 dans le célèbre Weird Tales n’aura été traduit en France qu’en 1975. L’on peut aisément en appréhender les raisons ; les récits de Clarke Ashton Smith, à l’instar de ceux de Lovecraft, étaient prégnants de ce qu’on dénonçait comme une littérature populaire (au sens péjoratif, comme toujours aurait-on envie de dire) et déviante à l’époque. Cette courte nouvelle du poète recèle néanmoins des trésors stylistiques et macabres qui n’ont rien à envier à Baudelaire ou Poe. Lire la suite


Démons mondains.

Satanachias. Le titre annonce déjà la teinte de ce qui va s’ensuivre. Ce recueil de Christophe Lartas comprend quatre nouvelles étalées sur 90 modestes pages et s’inscrit dans la lignée de ces œuvres tout bonnement inqualifiables, tant elles sont imprégnées de surprises et autres idées quintessenciées. Lire la suite