Archives de Tag: dracula

Lovecraft, dernier sursaut du gothique

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« Avez-vous peur du noir ? », voici la question que le maître de l’horreur pose à l’entame de son fameux essai  Épouvante et Surnaturel en littérature, publié seulement en 1969 en France. À travers son ouvrage, Lovecraft nous dévoile l’art de la littérature gothique, les clefs de son succès, aussi bien commercial que littéraire, et surtout la manière de compenser ses faiblesses scénaristiques. Lecture frappante, celle-ci nous révèle en fait à quel point Lovecraft a épousé les codes du gothique pour les transposer dans sa propre œuvre. Après tout, R’Lyeh n’est-elle pas la vision d’un cauchemar cosmique du château hanté perdu au milieu d’une sombre forêt de Styrie ? Cthulhu n’est-il pas l’apothéose du monstre gothique sur lequel le lecteur fantasme tout au long de la nouvelle éponyme ? Le talent de Lovecraft est double ; avoir su renouveler efficacement les codes du gothique dans la création d’un genre qui se substituera à lui. Lire la suite

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Vampyres et Zombis; élitisme et vulgaire dans la culture populaire.

 

Carmilla tombeau

Si vampyres et zombis se côtoient souvent, une grande opposition semble demeurer entre eux. Si les dérives hédonistes de la bit-lit nuisent à la littérature vampyrique, elle n’écorna cependant que très peu le caractère noble, au sens propre comme au sens figuré, du monstre bien connu. En effet, contrairement au zombi, le vampyre semble bénéficier d’un certain élitisme, qui se traduit aussi bien dans sa représentation que dans son acception littéraire, tandis que l’autre a une dimension vulgaire, au sens latin de vulgus, soit de « masse » et de « commun aux hommes ». Bien qu’appartenant aujourd’hui à la culture populaire, leurs origines leur conférèrent un rôle différent, qui nous marqua intensément, quand bien même cette dissension paraîtrait infinitésimale pour certains. Pourtant, la mythopoétique de ces êtres horrifiques se fonde sur deux idées bien différentes, même si la peur est leur principal moteur. Lire la suite


Conférence : Vampyres contre Modernité

Conférence IV (3)

La figure du Vampyre est bien connue de tous, ne serait-ce que par l’interprétation qu’en fit Bela Lugosi qui immortalisa la représentation d’un mort-vivant aux cheveux gominés et au goût vestimentaire baroque, ou encore du fameux Nosferatu de Murnau, qui consacra la fatalité de la lumière pour cette créature. Toutefois, malgré les idées reçues que nourrirent les nombreux films en la matière, le Vampyre est en réalité une figure aussi complexe que moderne, bien qu’âgée de plusieurs siècles ! Sans cesse poursuivi par une volonté de le renouveler, les diverses actualisations que le célèbre mort-vivant subit n’entraînèrent pas que des effets positifs. Comme le disait Marigny en 2003 : « L’inconvénient d’un tel procédé est que l’on risque de sombrer très vite dans le stéréotype. Le vampyre étant par excellence un personnage enfermé dans une codification très précise… ». Aujourd’hui, les dernières productions en date continuent de souffrir d’une vision étriquée, sinon consumériste. Finalement, la grande question que l’on se pose en comparant les œuvres du XIXe et du XXe siècle, c’est de se demander comme nous avons pu passer du monstre décrit dans Dracula à une espèce de boule disco’ engendrée par Twilight.

C’est en voulant répondre à cette interrogation que Fabrizio Tribuzio-Bugatti, président fondateur de l’association Apocryphos, et Jonathan Frickert, écrivain, analyseront les diverses évolutions et mutation de ce vampyre mal-aimé et maltraité. Lire la suite


La mort d’Ilalotha

Clark Ashton Smith en 1912

Clark Ashton Smith en 1912

La mort d’Ilalotha, paru en automne 1937 dans le célèbre Weird Tales n’aura été traduit en France qu’en 1975. L’on peut aisément en appréhender les raisons ; les récits de Clarke Ashton Smith, à l’instar de ceux de Lovecraft, étaient prégnants de ce qu’on dénonçait comme une littérature populaire (au sens péjoratif, comme toujours aurait-on envie de dire) et déviante à l’époque. Cette courte nouvelle du poète recèle néanmoins des trésors stylistiques et macabres qui n’ont rien à envier à Baudelaire ou Poe. Lire la suite