L’Épée de Welleran

Dunsany

L’Épée de Welleran est un conte fantastique écrit par Lord Dunsany en 1908. S’il pose presque tous les éléments qui formeront plus tard la fantaisie, le récit révèle toutefois plusieurs niveaux de lecture. Outre le merveilleux avec lequel il compose exclusivement, Lord Dunsany aborde aussi les thèmes de la mémoire, du souvenir, bref de l’enracinement. L’Épée de Welleran est une ode que l’on pourrait assimiler peu ou prou à l’acception du roman national. Se déroulant dans la cité de Merimna, imprenable de par la réputation de ses légendaires défenseurs que les tribus barbares croient toujours en vie, car invincibles sur le champ de bataille, Lord Dunsany pose aussi le dur constat de la vanité humaine l’emportant sur la sagesse des anciens.
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Contes et légendes, antécédents de la culture populaire

grimm

Les folklores dont sont imprégnés les contes de fées et les légendes ont forgé les imaginaires, d’où qu’ils proviennent. Nous avons tous une pensée aux Mille et Une Nuits quand on nous parle du Moyen-Orient, aux frères Grimm quand nous parlons de culture germanique, ne serait-ce que par l’intermédiaire des djinns ou de Blanche-Neige. Les contes recouvraient aussi bien un rôle culturel que social, parce que justement leur rôle culturel était la cohésion de la société. En garantissant un imaginaire collectif, dans lequel des communautés pouvaient se reconnaître, mais aussi se distinguer des autres, les contes et les légendes étaient les prémices de ce que l’on appelle aujourd’hui la culture populaire. Ils sont le creuset dans lequel se développeront ensuite la littérature gothique, la fantaisie et la science-fiction. Que seraient les Elfes et les Nains sans la mythologique germanique, les trolls et les dragons sans les contes ? Il y a une continuité inébranlable de la culture populaire depuis que l’Homme sait raconter des histoires, et le rôle de cette culture populaire nourrissant l’imaginaire collectif n’est rien de moins que de rappeler à l’être humain à quel point il est humble devant la nature, et ce parce que « les contes sont vrais », comme le disait Italo Calvino. La petite phrase de Chesterton s’applique pleinement aux contes de fées ; ils sont « le ciel qui juge la terre ». Leur mise au banc de la littérature par une élite aussi autoproclamée que nihiliste ne fait que conforter leur importance culturelle ; il n’y a que la civilisation des machines pour rêver d’une culture… acculturée. Lire la suite


Le Vicomte Pourfendu

Calvino

Le Vicomte Pourfendu est l’une des œuvres les plus connues d’Italo Calvino, et premier conte de la trilogie héraldique (qu’il n’a jamais achevée). Contemporain de Pasolini, Calvino est connu et reconnu comme fabuliste. Partant du néoréalisme, il finit cependant attiré par l’univers merveilleux des contes, et produirait même un bréviaire du folklore légendaire de la péninsule italienne. Le Vicomte Pourfendu, bien qu’empruntant beaucoup au conte sur la forme, est surtout porteur d’une philosophie autour du manichéisme. Loin cependant de s’égarer dans un discours moraliste, Calvino choisit de démontrer que Bien et Mal s’équivalent, surtout dans leurs extrêmes. Lire la suite


Le rôle du post-apocalyptique

Sans titre 1

La science-fiction post-apocalyptique est un sous-genre bien connu de tous, du fait de ses succès cinématographiques et vidéoludiques. Cependant, la littérature post-apocalyptique nous renseigne une fois de plus sur le rôle de « lanceur d’alerte » que remplit la science-fiction. Le post-apocalyptique va en effet plus loin que la dystopie. Ce que cette dernière ne peut montrer, conditionnée par des codes très stricts qui ont pour but de la rendre la plus plausible possible, est brisé par le post-apocalyptique. Il explore les grandes peurs des sociétés contemporaines, mais aussi leurs dérives, catalysées par la catastrophe. La science-fiction n’a pas pour but de faire la morale, mais d’interroger la réalité, de dépeindre, et d’expérimenter un faisceau de possibilités technologiques, politiques, sociales et humaines. En cela, le post-apocalyptique en général, tous supports confondus, adopte volontiers la maxime : « l’homme est un loup pour l’homme ».

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