Archives mensuelles : septembre 2016

Ministère de la magie contre souveraineté nationale

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Le Ministère de la Magie du monde d’Harry Potter est bien connu des fans. Institution garante de l’ordre public et des secrets du monde des sorciers, elle veille justement à ce qu’il n’y ait aucune collusion entre Sorciers et Moldus. Toutefois, le Ministère est une institution récente. Pour exemple, lorsqu’Harry Potter entre à Poudlard, il apprend que l’école fut créée un peu plus de mille ans  auparavant, soit aux alentours du Xe siècle. L’on sait par ailleurs que jusqu’en 1700, le Ministère fut précédé d’un « Conseil des sorciers », qui se réunissait une fois par an et était aussi bien composé de sorciers que d’êtres non-humains, comme les gobelins ou les fantômes. C’est  en fait à partir de sa formation qu’il paraît détenir des compétences gouvernementales, soit parallèlement à la construction de l’État dans son acception moderne. Ses prérogatives sont toutefois limitées dans de rares cas. L’on apprend ainsi dans le tome 2, La Chambre des Secrets, que le conseil des parents d’élèves peut relever le directeur de Poudlard de ses fonctions sans que le Ministre de la Magie ne puisse rien y faire, probablement au nom du principe d’antériorité. Néanmoins, si le régime totalitaire mis en place par Voldemort est largement souligné comme oppresseur, l’effet de contraste avec le fonctionnement habituel du Ministère n’est pas aussi accentué que cela. Ainsi est notamment mis en place tout un système de renseignement qui permet au Ministère de déceler les enfants pourvus de dons permettant leur inscription à Poudlard, mais aussi de savoir si, au cours de leur scolarité, ils font ou non-usage de la magie, qui est prohibée pour les mineurs. Cependant, les moyens utilisés pour conserver le secret de la communauté magique soulèvent plusieurs problèmes juridiques, notamment en matière de conflit de normes. Si l’autrice n’a jamais décrit le fonctionnement organique ou institutionnel du Ministère, elle a néanmoins semé plusieurs indices au fil des sept tomes d’Harry Potter qui permettent une appréhension de ses pouvoirs. Ce dernier empiète effectivement bien souvent sur des compétences réglementaires, voire législatives, sans aucun contrôle de légalité du gouvernement, mais aussi sur la souveraineté même des États. L’on constate en effet un cas flagrant d’ingérence dans la possibilité qu’ont les sorciers de « transplaner », ou d’utiliser des « portoloins » soit de se téléporter, au mépris de toute souveraineté territoriale.  Ces prérogatives nous poussent alors à nous interroger sur divers points, aussi bien dans ses liens avec le gouvernement britannique que l’étendue de son pouvoir réglementaire ou décrétal (dont il est largement fait usage dans le tome 5, L’Ordre du Phénix), mais aussi dans les actes d’ingérences dont le Ministère lui-même fait preuve. Lire la suite

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