Archives mensuelles : septembre 2015

L’an 330 de la République

Chute constantinople 1

Sorti en 1894, « L’An 330 de la République » ne figure pas parmi les ouvrages les plus connus de cette fin de dix-neuvième siècle. Pourtant, l’ouvrage vient d’être réédité en mars dernier aux éditions Jean-Cyrille Godefroy – connu pour la publication de nombreuses collections sur le patrimoine français – et préfacé à Esculape Marsala, journaliste à Causeur – le fameux journal d’Élisabeth Levy – et spécialiste de l’utopie et de la contre-utopie. Le choix de la couverture n’est d’ailleurs pas innocent, la chute de Constantinople s’apparentant parfaitement au propos du livre.

« L’An 330 de la République » est donc un ouvrage de l’écrivain, avocat et homme politique français, Maurice Spronck, mort en 1921. Celui-ci était un des compagnons d’armes des figures historiques du nationalisme républicain que furent Maurice Barrès et Paul Déroulède. Il se définissait comme nietzschéen et romantique. Lire la suite

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Vampyres et Zombis; élitisme et vulgaire dans la culture populaire.

 

Carmilla tombeau

Si vampyres et zombis se côtoient souvent, une grande opposition semble demeurer entre eux. Si les dérives hédonistes de la bit-lit nuisent à la littérature vampyrique, elle n’écorna cependant que très peu le caractère noble, au sens propre comme au sens figuré, du monstre bien connu. En effet, contrairement au zombi, le vampyre semble bénéficier d’un certain élitisme, qui se traduit aussi bien dans sa représentation que dans son acception littéraire, tandis que l’autre a une dimension vulgaire, au sens latin de vulgus, soit de « masse » et de « commun aux hommes ». Bien qu’appartenant aujourd’hui à la culture populaire, leurs origines leur conférèrent un rôle différent, qui nous marqua intensément, quand bien même cette dissension paraîtrait infinitésimale pour certains. Pourtant, la mythopoétique de ces êtres horrifiques se fonde sur deux idées bien différentes, même si la peur est leur principal moteur. Lire la suite


Au Bonheur des Dames, ou les prémices de l’anticonsumérisme

Au Bonheur des Dames affiche

Au Bonheur des Dames d’Émile Zola est un roman qu’on ne présente plus. Publié en 1883, onzième volume de l’anthologie des Rougon-Maquart, ce tome nous entraîne dans le monde des grands magasins à l’heure où Paris entamait ses grandes transformations haussmanniennes. Si Zola s’est toujours défendu d’instrumentaliser le naturalisme à des fins dénonciatrices, le Bonheur des Dames laisse suffisamment de traces pour démontrer une dépréciation de la société de consommation à peine émergente grâce aux grands magasins qu’engendrent les chantiers parisiens. L’auteur fait la part belle aux impacts socio-économiques, de la frénésie des clientes à la disparition des petites boutiques au profit des chaînes de magasins qui conquièrent le marché. Toute la subtilité de Zola est alors d’user d’un ton strictement neutre dans ses descriptions, plaçant le lecteur dans le rôle du spectateur au milieu de la cohue bourgeoise dont il ne peut que constater la dépravation hédoniste. De là à dire que Zola fait grief aux prémices du consumérisme, il n’y a qu’un pas. Lire la suite


Les Chants de Maldoror

Maldoror, introduction

Grande œuvre d’Isidore Ducasse, publiée sous le pseudonyme de Comte de Lautréamont en 1869, Les Chants de Maldoror ont toujours un écho à notre époque. S’érigeant contre la morale, les mœurs et la pudeur de son temps, l’omniprésence de la bien-pensance moderniste actuelle rend les Chants intemporels. Ils sont un appel au voyage, l’incarnation de l’adolescence qui se rebelle contre les codes sociaux, mais aussi une ode poétique à la décrépitude qui ronge chacun de nous. Même Dieu n’est pas épargné, présenté comme un vieillard fatigué de son omnipotence, dont la principale préoccupation est désormais le divertissement.
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