Archives mensuelles : août 2015

Comment la Science-Fiction prédit le futur ?

Ostramus

La science-fiction consiste à prédire le futur, sur la base de faits concrets ou de la pure imagination, voire souvent les deux. Tout le monde, d’Isaac Asimov à Tyra Banks, se sont hasardés à deviner ce qui préfigure au-delà de notre génération et pour les nombreux (ou quelques) générations après nous.

En 2012, l’AWL avait compilé une liste exhaustive des prédictions puisés dans les romans de science-fiction et des histoires, à commencer par la résurrection du Titanic depuis le plancher océanique, comme décrit dans Le Fantôme venu des profondeurs de Arthur C. Clarke.
Depuis, nous disposons d’une chronologie bien plus détaillée. Il y a quelques mois, Giorgia Lupi, un designer d’information italien, a créé une infographie des données. La conception de Lupi donne une meilleure idée de l’avenir immense qui s’étend dans les récits — avec l’optimisme de nos écrivains qui entrevoit l’humanité toujours présente dans l’année 802701 !

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Les lois de l’Automate

Ostramus

automate

Considérations sur la servitude des machines

Le mythe du golem est ancien. Il relate l’histoire d’un homme assemblant un peu de boue pour produire un petit être soumis à sa volonté, mais qui finit pas tuer le créateur. Ce récit se mêle à celui de Prométhée — puni par les dieux pour avoir offert le feu aux mortels — où la technique se retourne contre ceux qui en font usage ou qui en sont à l’origine. Cette crainte phosphora dans la littérature, notamment au début du XXe siècle quand les pupls américains mettent en scène des robots. Nombre de revues virent leurs pages noircies par des histoires de machines engendrant des catastrophes, souvent à dessein de tuer les humains. Tout n’était que thème et variation du récit de Frankenstein.

Lassé de ces récits défaitistes, Isaac Asimov a établi dans les années 1940 trois lois simples pour conditionner le comportement des…

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Littérature de l’imaginaire : quel avenir ?

Ostramus

Livres

J’ÉCRIS DONC IL EST…

L’heure du numérique, des réseaux sociaux et d’Internet, notre présent forum en est le plus brillant exemple, tendent à un développement de la dimension écrite. Jadis les gens se parlaient dans un espace public physique, la rue, aujourd’hui cet espace est virtuel, et nous nous écrivons. Cela implique d’avoir une réflexion préalable, aussi triviale puisse-t-elle être, pour ensuite l’écrire et la poster. Même un simple commentaire constitue un texte, et l’ensemble des discussions et des échanges constituent pour moi un embryon de littérature que l’on pourrait ranger dans l’étrange famille de l’épistolaire. Par ailleurs, ces discussions font souvent l’objet de récit de personnes qui relatent leurs vies, en raison de la tendance de notre société à faire prospérer les personnes extrodirigées, cela constitue de petits récits. Ce faisant, même si nous n’en avons pas conscience, même si c’est court, même si la qualité est médiocre, la…

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L’univers d’Harry Potter est-il maurrassien ?

HP contre Maurras

Il est en effet flagrant que le modèle social du monde des sorciers dans la célèbre saga est structuré autour d’une hiérarchie fondée avant tout sur la race et non sur la méritocratie ou même l’aristocratie. En effet, l’univers d’Harry Potter, ou plus précisément la communauté magique, est profondément racialiste et raciste. L’ossature de sa société repose sur l’idée que chaque ethnie a une place précise en son sein et ne saurait outrepasser les droits afférents à celle-ci. Le Royaume-Uni étant fortement touché par le communautarisme, ce modèle ne pouvait qu’être transposé par l’autrice. Toutefois, et sans doute inconsciemment, J.K. Rowling a réellement conçu pareille structure, puisque c’est sans cesse le critère racial qui définit la place sociale des individus, et fait d’ailleurs sujet de nombreuses dispositions juridiques. Les créatures jugées ainsi « non-humaines », « hybrides » ou même « partiellement humaines » sont classées et recensées assidûment par le Ministère de la Magie et font l’objet de diverses restrictions et interdictions. L’on peut d’ailleurs soulever que ce même Ministère constitue l’amorce de ce racisme d’État qui constitue la clef de voûte du système social magique. En effet, avant lui existait un « conseil des sorciers » qui comprenait aussi bien les humains que les gobelins, fantômes et harpies. La création du Ministère de la Magie au XVIIIe siècle ne permit qu’aux humains d’atteindre les haute-fonctions, aussi bien politiques qu’administratives, ce qui constitue en soi une véritable régression en matière de libertés fondamentales. Seuls les Gobelins bénéficient de droits réels, bien qu’aussi monopolistiques, en matière fiduciaire notamment. Ces droits furent cependant gagnés par une rébellion et sont un cas unique.

Cela n’est pas sans rappeler la théorie de « l’antisémitisme d’État », formulée par Charles Maurras au début du XXe siècle. Académicien, co-fondateur de l’Action Française, il était un homme politique et de lettres brillant mais foncièrement antidreyfusard. L’antisémitisme d’État est une conception de racisme politique, et non biologique ou religieux. Son idée repose sur la pensée de La Tour du Pin, soit de la lutte des États dans l’État, qui sont en fait des communautarismes aussi puissants que caractérisés qui ne cherchent qu’à influencer le pouvoir politique (énumérés à quatre à l’époque, les Juifs, les Francs-Maçons, les Protestants, et Métèques, soient les étrangers, ce qui rend l’appellation « d’antisémitisme » réductrice). Cette théorie porta ainsi la conviction que seuls les nationaux « de souche » devraient accéder aux hautes-fonctions de l’État, et même la fonction publique en général, et non les Juifs (bien qu’aujourd’hui, sous l’effet de la mondialisation, Maurras aurait sans doute étendu son concept à d’autres couches sociales et étrangères). Le but étant que l’État soit libre de toute pression et de toute influence d’une minorité.

Ce paradigme trouve justement un solide écho dans le monde d’Harry Potter. Non seulement, et comme susmentionné, les classes sociales reposent avant tout sur une catégorisation ethnique, mais il est aussi largement visible que le racisme « de peau », soit biologique, n’est l’apanage que des extrémistes, notamment les fidèles de Voldemort. Néanmoins, la limite étant floue, le Seigneur des Ténèbres passe en fin de compte plus pour un conservateur qu’un véritable tyran.

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