Phantasia – Préface

Bandeau finalDifficile exercice que de se lancer pour la première fois dans la publication amatrice. L’association Apocryphos avait l’ambition – modeste – dans la réalisation de ce recueil de dépoussiérer l’image d’une fantasy étouffée par les codes commerciaux qu’imposent les grandes maisons d’édition actuelles, codes posés malgré lui par Tolkien, qui consacra sans le savoir le triptyque elfe-nain-hommes (entre autres choses) dont le genre n’arrive plus à se défaire. L’on avait à vrai dire songé à citer China Mielville et sa fameuse citation « Tolkien est le kyste sur le cul de la fantasy », mais au dernier moment, nous nous étions quand même rendu compte que ç’aurait été ingrat vis-à-vis du maître. D’autant plus que c’est grâce (ou à cause) de lui que ce recueil s’est concrétisé, du moins en partie.

Si nous avons finalement opté pour Valerio Evangelisti, c’est parce que nous avions un double-objectif, que nous espérons avoir atteint. Outre une fantasy siphonnée par le marché éditorial que nous voulions tenter de réhabiliter, c’est aussi l’exigence stylistique ; celle qui consiste tout simplement à rendre hommage à notre langue, qui est aujourd’hui sacrifiée à des normes obscures, posées par des législateurs littéraires tout aussi obscurs d’ailleurs… Combien de fois voyons-nous des rayons de librairies crouler sous des légions d’auteurs insipides contant des tranches de vies aussi banales que superficielles ? Combien de fois voyons-nous ces mêmes thuriféraires du vénal prôner indécemment que « l’absence de style est un style » et autres fadaises qui, n’en doutons pas, exigèrent probablement de longues séances d’onanisme intellectuel pour en déduire un tel contresens ? L’on renverra ceux-là au Discours sur le style de Buffon, qui avançait sagement que « ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu’ils parlent très bien, écrivent mal », et ce, déjà en 1753 !

Les auteurs que nous avons sélectionnés répondent donc à ce double-objectif ; dépoussiérer l’image de la fantasy en s’éloignant des codes commerciaux qui l’ont mutilée, mais aussi en présentant chacun un style propre, avec sa personnalité, ses exigences (parfois ses maladresses). Tous les textes figurant dans ce recueil ont voulu contribuer humblement à ce défi exigeant (peut-être trop exigeant penseront certains). Voilà pourquoi nous trouverons aussi au sommaire deux auteurs étrangers qui ouvrent et ferment le présent recueil, pour montrer que cette envie de réexplorer l’Imaginaire ne concerne pas seulement les écrivains français, mais qu’elle représente un véritable enjeu littéraire.

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À propos de Fabrizio Tribuzio-Bugatti

Juscagneux, souverainiste pasolinien. Rédacteur en chef de la revue Accattone et président du Cercle des Patriotes Disparus. Voir tous les articles par Fabrizio Tribuzio-Bugatti

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