Lettre au lecteur

Rembrandt, v. 1930

Voici la chronique écrite dans le cadre de l’émission « Apocryphone », diffusée hier sur Radio Campus Mulhouse et bientôt disponible en ligne.

Et oui chers amis !

Après une chronique consacrée à un sujet qui me touchait personnellement en tant qu’écrivain, à savoir l’auto-édition, traversons ensemble l’autre côté du miroir pour voir un peu plus ce qui se cache dans un monde facétieux que nous connaissons étonnamment moins : le lectorat !

Lectorat, lectorat, lectorat … lectorat ! Toi, jeune lecteur, ou lectrice (…), aujourd’hui auditeur en manque de buzz : oui, j’avoue, c’est bien Fabrizio qui me séquestre à l’insu de mon plein gré dans ce studio humide et vitreux, moi animal en cage au milieu des phénix de la littérature haut-rhinoise, c’est pourtant moi qui me brûle les ailes !

Bref, où en étais-je ? Ah oui, le lectorat ! Ensemble hétéroclite de lecteurs d’un auteur ou d’un genre, c’est bien de toi, derrière ta station ou ton ordinateur, oui c’est bien de toi que j’ai décidé ici de parler.

En effet, je t’accuse en ce jour ensoleillé – du moins dans le studio éclairé par 8 néons – du mois de février, d’avoir poussé l’industrie du livre à la dépression !

Oui, cher lecteur, car depuis la démocratisation de la littérature autour du XVIIe siècle, la littérature n’a eu de cesse de devenir un marché florissant. Le lecteur est devenu consommateur, l’auteur un travailleur et certains éditeurs des majors.

La littérature est devenue le marché dont tu es devenu, cher auditeur, oui toi cher auditeur, le plus fidèle consommateur, toi qui fait vivre près de 80 000 personnes chaque année : auteurs, éditeurs, imprimeurs, distributeurs, courtiers, profiteurs …

Mais alors qu’une chaîne de librairie bien connue des mulhousiens et ludoviciens se retrouve, comme dans tous le pays, à compter ses sous, symptomatique de la fin annoncée des librairies de proximité, je m’interroge : lecteur, que fais-tu donc ? Qu’est-ce que tu fous ? Bon sang mais qu’est-ce que tu br**les, lecteur ?

Gangrené par le formatage dématérialisé d’un ebook et la facilité des achats à distance, moins cher, plus rapides mais surtout déshumanisés, l’industrie autrefois florissante de la littérature périclite doucement dans ce pays de tradition littéraire qu’est la patrie de Molière.

Alors ne nous déçois pas, ne me déçois pas : achètes de la littérature !

Alors en cette période de made in France et de crise généralisée, saches que tu disposes d’un pouvoir énorme : faire vivre une des dernières industries qui a les moyens de tenir debout en 2014, à savoir l’industrie du livre.
Cher lecteur, je compte sur toi : vas acheter de la littérature !

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À propos de Jonathan Frickert

Juriste et essayiste indépendant, ex-administrateur de l'Université de Haute-Alsace et ex-polémiste sur Radio Campus Mulhouse. Voir tous les articles par Jonathan Frickert

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