Les Kerns de l’Oubli

couverture du Tome 1 des Kerns de l'Oubli aux éditions de l'Homme Sans Nom

couverture du Tome 1 des Kerns de l’Oubli aux éditions de l’Homme Sans Nom

« Plan d’ensemble. Vue d’oiseau. De la brume se dissipe, lentement, laissant percer la masse sombre d’une île. Elle se dresse, souveraine, dans son trône de pierre. » C’est ainsi que la quatrième de couverture achalande ses potentiels lecteurs, mais déjà cette simple phrase annonce le style et le ton épique du roman. Les Kerns de l’Oubli, par Feldrik Rivat, vaut à coup sûr le détour. Après plusieurs péripéties éditoriales, l’auteur s’est trouvé une place chez la jeune maison des Éditions de l’Homme Sans Nom.

La force de l’histoire, comme le dit l’auteur dans son interview, c’est justement la multiplication des points de vue à travers les différents personnages. Mais dans Les Kerns, contrairement au Trône de Fer, chacun à son propre parler, sa propre approche des choses et du monde qui l’entoure. Plus que différents points de vue, c’est réellement à chaque fois une nouvelle parabole qu’incarnent les protagonistes qui ponctuent l’histoire. Chacun incarne une caste différente dans la société, ce qui permet aussi au lecteur d’appréhender l’univers bâti par Feldrik Rivat.

bandeau Facebook des éditions de l'Homme Sans Nom

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Mais parlons de l’histoire. Elle se divise en trois tomes, dont le deuxième sortira très prochainement (à l’heure où cet article est rédigé), et flirte volontiers avec l’intrigue politicienne et les combats épiques, qui ne sont pas sans rappeler furieusement ceux du film 300. Et c’est aussi parce qu’on prend plaisir à les lire que l’auteur n’a pas à rougir de la comparaison, alors que les batailles ne demeurent pas les passages les plus simples à écrire… Bien sûr, il serait possible d’étaler plusieurs paragraphes sur le récit, mais ce serait gâcher le plaisir qui vous attend à la lecture. Quant à la place de l’œuvre dans le genre même de la fantasy, évidemment, on n’arrive pas à la cheville de Tolkien, si tant est qu’une telle prouesse soit aujourd’hui possible.

Toutefois, l’auteur parvient à créer un univers en se puisant directement auprès des sources mythologiques, et non en puisant dans l’œuvre de Tolkien comme le font trop d’auteurs, trop facilement et trop facilement édités par certaines maisons qui mettent l’accent sur la politique commerciale, plutôt que la qualité éditoriale. En lisant les Kerns, ce ne sera pas un énième recyclage de Tolkien mélangé à du Donjons & Dragons. L’auteur, archéologue de métier, met à profit ses connaissances et son expérience, et cela se ressent à la lecture.

En effet, le style, même s’il est changeant, est remarquable par sa fluidité. Quant à sa richesse, il varie bien sûr au gré des personnages, qu’il soit soutenu et d’un vocabulaire vieillot pour Telleran, le sage-guerrier, ou rude et emphatique pour Roch, gardien de la cité, ou bien sûr d’un argot vulgaire pour des mercenaires. Bien sûr, des petites coquilles subsistent dans la syntaxe, et une ou deux constructions maladroite(s) apparaissent de temps à autres, mais comparativement à ce que le marché de la fantasy propose, Les Kerns de l’Oubli n’ont rien à se reprocher. Ils disposent d’une identité propre, et c’est tout ce qu’on peut espérer d’un bon livre de genre.

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À propos de Fabrizio Tribuzio-Bugatti

Juscagneux, souverainiste pasolinien. Rédacteur en chef de la revue Accattone et président du Cercle des Patriotes Disparus. Voir tous les articles par Fabrizio Tribuzio-Bugatti

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